Décembre 2018

Acquisition de trois dessins de l’Histoire du Louvre

 

Acquisition de trois dessins de l’Histoire du Louvre

Ouvert au public en 2016, le Pavillon de l’Horloge a pour ambition de donner des clés de compréhension de l’histoire du Louvre, d’abord palais des rois puis musée universel. Le musée annonce l’acquisition de trois dessins du XVIIIe et XIXe siècles afin d’enrichir les collections du musée qui racontent cette histoire : le dessin d’un peintre présentant à l’abbé Terray un tableau de l’allégorie du dégagement de la colonnade du Louvre, la salle de Melpomène au Louvre par Bonaventure Amable Ravoisié et un projet pour la Salle des États par Philippe Chaperon.

Ces achats s’inscrivent dans la politique d’enrichissement du Service de l’Histoire du Louvre, qui a donné lieu récemment à l’entrée dans les collections des oeuvres suivantes :
– un album de photographies de vues de salles de Prudent René Patrice Dagron (1819-1900) consacré à l’envol d’un ballon au milieu de la cour du Carrousel (1878)
– 18 photographies de l’artiste contemporaine allemande Candida Höfer réalisées en 2005
– une vue de La Rotonde de Mars sous la Restauration (vers 1815-1823), peinte par Joseph Warlencourt (1784-1845). 

Un peintre présentant à l’abbé Terray un tableau de l’Allégorie du dégagement de la Colonnade du Louvre
Ce beau dessin anonyme du XVIIIe siècle représente un peintre dévoilant son tableau de l’Allégorie du dégagement de la Colonnade du Louvre à l’abbé Terray, directeur des Bâtiments du Roi (1773-1774). S’il nous offre une vue un peu lointaine de la colonnade, il saisit en revanche de manière assez enlevée et éloquente ce chantier voulu et mis en scène par la royauté pour magnifier cette nouvelle entrée du Louvre. Alors que la construction de cette aile du palais donna lieu à de nombreux projets des plus grands architectes européens, du Bernin à Claude Perrault, la mise en valeur de son édification a également nourri une riche iconographie.
Ce dessin situe pleinement ce programme architectural et urbain dans son contexte royal et politique, en figurant un personnage avec un sceptre, probablement le roi Louis XV entouré de la Peinture, la Sculpture et l’Architecture sous forme de putti devant une allégorie de la France, accompagnée de la Gloire et de l’Abondance.

La salle de Melpomène au Louvre, par Bonaventure Amable Ravoisié
Le dessin La salle de Melpomène au Louvre de Bonaventure Amable Ravoisié offre un point de vue original sur la salle de la Melpomène, une des plus fameuses du Musée des antiques voulu par Napoléon et conçu par le conservateur Ennius Quirinus Visconti. Il permet d’en saisir très précisément l’aménagement au début du XIXe siècle. Les œuvres présentées dans ce décor sont dessinées avec finesse. On y lit aisément le programme muséographique mis en œuvre après la restitution des saisies napoléoniennes en 1815. Au centre et en pleine lumière se distingue nettement la statue de la Melpomène qui a donné son nom à la salle. La vue de la salle latérale, la salle d’Isis, permet de comprendre le lien qui unissait celle-ci à la salle de la Melpomène par des baies précédées de statues en basalte (ou diorite) ou des petites statuettes juchées sur des colonnes. Dans le musée, révélé par ce dessin, les antiquités égyptiennes et les antiquités classiques partageaient des espaces communs avant d’être séparées lors de la création du musée égyptien avant 1852.

Projet pour la Salle des États du palais du Louvre, par Philippe Chaperon
Cette étude préparatoire est un projet de décor pour la salle des Etats au Louvre, voulue par Napoléon III afin de réunir les grands corps d’État une fois par an, construite par Hector Lefuel et inaugurée le 7 février 1859, accueille aujourd’hui la Joconde. Ce dessin de Philippe Chaperon (1823 – 1906), est intéressant et unique à plus d’un titre, car il témoigne de la richesse iconographique du projet d’un décor détruit entre 1884 et 1886, tout en renseignant sur la manière dont s’est organisé cet ambitieux chantier ornemental qui fit appel à de nombreux artistes. Ce dessin indique ainsi la participation, qu’on ignorait jusqu’ici, de Philippe Chaperon qui réalisa de très nombreux décors de théâtres et d’opéras.
Photographies et gravures permettent de se représenter un des décors disparus les plus originaux et complexes du programme d’Hector Lefuel : une immense salle avec colonnade et balcon, aux murs de marbre feint, éclairée de fenêtres hautes, surmontées d’oculi entourés d’allégories ; le sommet de la voute s’ouvrait sur un ciel peuplé lui aussi d’allégories. Le trône de l’Empereur était placé sur une estrade, en dessous du triomphe de Napoléon, qui dominait une porte encadrée par deux atlantes. Par comparaison, les esquisses du décor réalisé, par le peintre Charles-Louis Müller, conservées au département des Arts graphiques et aux Archives nationales, montrent des différences notables avec le projet de Philippe Chaperon.  En effet, celui-ci isole la figure impériale dans le jeu complexe d’une architecture élaborée alors que la peinture multiplie les personnages autour du piédestal impérial