5 juillet 2017

Buste d'Anne Ange Houdon
par Jean Antoine Houdon

 

Buste d’Anne Ange Houdon
par Jean Antoine Houdon

Le musée du Louvre annonce l’acquisition, pour le département des Sculptures, d’un des chefs-d’œuvre de Jean Antoine Houdon : un buste en marbre de sa fille cadette Anne Ange Houdon âgée de 15 mois. Cette nouvelle acquisition permet de compléter l’importante collection des œuvres de Houdon du musée du Louvre. Cet achat a été effectué, par voie de préemption en vente publique sur le marché de l’art parisien, pour un montant de 220 000 euros.

Ce buste en marbre d’Anne Ange, deuxième fille de Jean Antoine Houdon, à l’âge de 15 mois, provient de la famille de l’artiste et de passer ensuite dans des collections au milieu du XXe siècle avant d’être acheté par un collectionneur privé suisse. Il réapparaît en vente publique en 2016.

Considéré comme une œuvre majeure de l’artiste par le raffinement et la subtilité qu’il dégage, ce buste en marbre témoigne de la maîtrise du sculpteur dans la réalisation de la chevelure d’Anne Ange, faite avec beaucoup de réalisme, de liberté et de fantaisie. L’artiste se surpasse dans le traitement du regard donnant l’impression que des nuances d’ombre et de lumière passent dans les yeux.

La présentation du buste en marbre d’Anne Ange aux côtés de son modèle en plâtre original, acquis par le Louvre en 2002, est l’occasion d’observer l’exécution soignée et fine des marbres de Jean Antoine Houdon fidèles à leurs modèles en plâtre.

Considéré comme l’un des sculpteurs français les plus importants de la fin du XVIIIe siècle, Jean Antoine Houdon, père de trois filles, manifestait un intérêt très prononcé pour les portraits d’enfants.

Il a pris ses enfants pour modèle plusieurs fois : en particulier sa fille aînée, Sabine, dont deux originaux en plâtre sont conservés au Louvre. Il a également représenté sa benjamine Claudine, les épaules couvertes par une draperie.

Il n’a portraituré Anne Ange qu’une seule fois, les cheveux bouclés et la poitrine nue. Le musée du Louvre possède le plâtre original, exposé au Salon de 1791 avec la mention “âgée de 15 mois”.

Exposés dans une vitrine de la salle Houdon (aile Richelieu, rez-de-chaussée, salle 28), ces portraits d’enfants illustrent cet intérêt de l’artiste pour l’enfant non pas en tant que reflet d’un type social mais comme personnalité autonome.

Il existe également un catalogue raisonné Houdon 1741-1828 : Sculptures, portraits sculptés… par Guilhem Scherf paru en 2006 aux éditions Somogy.