18 mai - 29 août 2016

Charles Le Brun

Le peintre du Roi-Soleil

 

Charles Le Brun
Le peintre du Roi-Soleil

Le Louvre-Lens présente la première exposition monographique majeure depuis plus de cinquante ans consacrée à Charles Le Brun, principal artiste de la seconde moitié du 17e siècle français.

Fils d’un modeste sculpteur de pierres tombales, il fut premier peintre de Louis XIV pendant près de trente ans. On lui doit notamment le décor de la galerie des Glaces du château de Versailles. Il dirigea également l’Académie royale de pein-ture et de sculpture et la Manufacture royale des Gobelins.

C’est essentiellement à travers ces fonctions officielles et ses liens avec l’histoire politique du pays que Le Brun est passé à la postérité. Aujourd’hui encore, sa peinture est souvent assimilée à un art académique, voire de propagande. Pourtant, l’examen de ses œuvres montre, au contraire, le renouvellement incessant et l’extrême fécondité de son inspiration. Sait-on par exemple que ses représentations d’animaux sont parmi les plus expressives de toute la peinture ? Son génie s’exprime aussi bien dans le très grand format – comme la tapisserie et les grands décors – que dans des esquisses plus intimes, qui mettent en valeur la justesse et l’émotion de sa touche. À propos de son style, Le Bernin parlait « d’abondance sans confusion », pour qualifier un art généreux et foisonnant, mais organisé de manière parfaitement lisible.

L’exposition à Lens rassemble 235 œuvres. Certaines sont issues de collections privées et n’ont jamais été exposées. D’autres sont des révélations récentes, tel ce Sacrifice de Polyxène, découvert à Paris dans la suite de Coco Chanel lors de la rénovation du Ritz et acquis en 2013 par le Metropolitan Museum of Art de New York. L’ensemble rend justice au talent infiniment varié d’un prodige révélé à l’âge de 15 ans et qui, à l’instar de Delacroix pour le Romantisme ou de Monet pour l’Impressionnisme, incarne à lui seul l’art d’une époque : le Grand Siècle. 

À l’heure où l’on réhabilite les artistes de cour européens, il convient de réévaluer la figure de Le Brun pour la France. Génie polymorphe, il est l’égal d’un Bernin pour l’Italie ou d’un Rubens pour l’Europe.

Au cours des dix dernières années, de nombreux éclairages neufs ont été portés sur différents aspects de l’œuvre de l’artiste. Pavillon de l’Aurore à Sceaux, galerie d’Apollon au Louvre, galerie des Glaces à Versailles : la plupart de ses grands décors ont été restaurés et ont donné lieu à des ouvrages importants faisant le point aussi bien sur l’historique des chantiers que sur les aspects techniques des restaurations. Le rôle de Le Brun comme pourvoyeur de modèles dessinés que les sculpteurs, les lissiers ou les orfèvres devaient interpréter chacun selon sa technique a fait l’objet d’expositions ponctuelles. Mais jamais une grande exposition monographique n’a permis de restituer une vue d’ensemble de la trajectoire de l’artiste. L’exposition du Louvre-Lens entend donc renoncer aux approches morcelées et trop spécialisées pour redonner une cohérence à cette figure d’exception, qui se distingue par la variété de ses dons, la vivacité de son imagination et son talent d’organisateur. Autant de qualités qui justifient l’ampleur des attributions que lui confèrent Louis XIV et Colbert. Car si Le Brun ne fut pas le « dictateur des arts » d’une monarchie absolue, il en fut sans conteste le chef d’orchestre. 

Commissariat

Bénédicte Gady, collaboratrice scientifique, département des Arts graphiques, musée du Louvre
Nicolas Milovanovic, conservateur en chef, département des Peintures, musée du Louvre​

 

Exposition au Louvre-Lens du 18 mai au 29 août 2016.
Ouverture tous les jours (sauf le mardi) de 10h à 18h.
Gratuit pour les moins de 18 ans et les demandeurs d’emploi.
Tarif plein : 10 € / 18-25 ans : 5 €.
T : +33 (0)3 21 18 62 62 / www.louvrelens.fr.