30 novembre 2016

Ferdinand Bol

Éliézer et Rébecca au puits

 

Ferdinand Bol
Éliézer et Rébecca au puits

Éliézer et Rébecca au puits, huile sur toile de Ferdinand Bol (1616-1680), a été donnée au musée du Louvre par le collectionneur américain Thomas Kaplan et son épouse Daphné Recanati Kaplan, philanthropes et amis de la France, en collaboration avec les American Friends of the Louvre. Le musée du Louvre tient à les remercier pour leur exceptionnelle libéralité. L’exposition Chefs-d’œuvre de la collection Leiden, le siècle de Rembrandt met en lumière le meilleur de la collection du couple Kaplan, du 22 février au 22 mai 2017.

Acquise en vente publique en 2009 par le couple Kaplan, cette œuvre avait également suscité l’intérêt du Louvre sans qu’il puisse s’en porter acquéreur. Le collectionneur et le musée nouant des relations à cette occasion, le tableau put être présenté à partir de 2010, sous forme de dépôt, dans les galeries hollandaises du musée, favorisant ainsi la découverte par le public du musée, d’un chef-d’œuvre récemment redécouvert. Le Louvre se félicite que cette présentation aboutisse aujourd’hui à un don en faveur du département des Peintures.
Bol traite ici une scène de l’Ancien Testament : selon la Genèse (24, 10-20), Abraham envoie son serviteur Éliézer à la recherche d’une épouse pour son fils, Isaac. Éliézer s’adresse à Dieu, priant pour un signe distinguant la jeune fille. L’épisode du puits est la réponse à cette prière : Rébecca donne à boire à Éliézer, selon les termes mêmes de la prière. Le peintre a choisi de montrer le moment précis du don de l’eau.
Natif de Dordrecht, Bol suivit l’enseignement de Rembrandt à Amsterdam, avant de s’établir dans cette métropole comme maître indépendant avant 1642. Il est connu comme portraitiste, mais a aussi laissé des tableaux religieux ou mythologiques d’une grande sensibilité.
Le tableau vaut par la beauté des types (l’homme dans la force de l’âge, la jeune fille à la peau pâle), la composition orchestrée (jeu des regards, contre-plongée, contrepoint du paysage), la lumière.
C’est de Rembrandt que vient cette manière d’entrer de plain-pied dans l’histoire, en même temps que l’ampleur dans le traitement d’un thème aux résonances universelles : une jeune femme donnant à boire à un homme.