18 octobre 2018–14 janvier 2019

Gravure en clair-obscur

Cranach, Raphaël, Rubens...

 

Gravure en clair-obscur
Cranach, Raphaël, Rubens...

Réunissant de manière inédite près de 120 estampes conservées dans les collections parisiennes les plus importantes (collection Edmond de Rothschild, musée du Louvre ; Bibliothèque nationale de France ; Fondation Custodia et les Beaux-Arts de Paris), ainsi que des prêts emblématiques de musées français (musée des Beaux-Arts de Besançon) et étrangers (British Museum, Ashmolean Museum et Rijksmuseum), l’exposition retrace à la fois une technique et une esthétique particulière de l’estampe : la gravure en clair-obscur, dite aussi en couleurs.
Elle en propose un panorama chronologique et géographique à travers les chefs-d’œuvre gravés par ou d’après les plus grands maîtres de la Renaissance et du maniérisme européen, tels que Cranach, Raphaël, Pierre Paul Rubens, Parmigianino, Domenico Beccafumi ou Hans Baldung Grien.

L’estampe gravée sur bois en couleurs, appelée chiaroscuro en Italie, fut pour la première fois expérimentée au cours des années 1508-1510 en Allemagne avant de se diffuser dans toute l’Europe, où elle fut pratiquée avec de plus en plus de sophistication jusque dans les années 1650.
Fruit de recherches techniques et artistiques visant à traduire à l’impression de riches nuances de teintes, la gravure en clair-obscur fascina les artistes qui y explorèrent une question chère à Léonard de Vinci et à Giorgio Vasari : l’art des ombres et des lumières.
 
La recherche de cette esthétique si particulière fait de la gravure en clair-obscur un objet au carrefour des autres pratiques artistiques : imitant le dessin sur papier teinté ou au lavis, le sgraffito de la peinture murale ou la mosaïque de pierre, elle est néanmoins un objet autonome, où la monochromie constitue une autre voie pour représenter le monde.
 
Outre ce dialogue que la gravure en clair-obscur entretient avec les autres arts, l’exposition aborde également les questions de sa production et de sa réception. L’estampe est souvent le résultat d’une collaboration de l’inventeur de la composition, souvent peintre et dessinateur, avec un graveur et/ou un imprimeur, qui maîtrise la science des encres de couleurs, la taille des matrices, leur superposition et le rendu final. Le caractère précieux de ces gravures retint l’attention des amateurs qui se mirent à les collectionner dès le XVIe siècle.
 
L’exposition s’appuie sur un projet de recherche scientifique, financé par la fondation PATRIMA, portant sur l’analyse des pigments et colorants d’une quarantaine de gravures en clair-obscur et faisant collaborer la BnF et le Centre de recherche et restauration des musées de France (C2RMF).

Commissaire de l’exposition : Séverine Lepape,  conservatrice au département des Arts graphiques, musée du Louvre.
 
Cette exposition est réalisée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France.


Publication : catalogue de l’exposition, coédition musée du Louvre éditions / Liénart éditions. 224 pages, 150 illustrations, 29 €.
 
Présentation de l’exposition :  le jeudi 18 octobre 2018 à 12h30, à l’auditorium du Louvre.
 
Cycle de films sur l’art. Impressions fortes : les 8, 23 et 29 novembre à 12h30, à l’auditorium du Louvre. 4 films de la série de B. Renaudineau et G.-E. da Silva, consacrée aux plus grandes œuvres de la gravure.