19 septembre - 6 octobre 2016


La Chaire du Louvre

L’architecture parmi les arts

ALINA PAYNE
 

 


La Chaire du Louvre
L’architecture parmi les arts

Le Louvre propose un rendez-vous annuel dédié à la recherche en archéologie et en histoire de l’art. Sur un sujet original lié aux collections du musée, un scientifique de renom présente à l’auditorium une réflexion inédite, qui donne lieu à des rapprochements transdisciplinaires entre les œuvres. À la fois exposés savants, causeries ouvertes au grand public et rencontres avec des personnalités exceptionnelles, ces cycles de conférences font l’objet d’une publication qui permet d’approfondir et de conserver leurs apports.

Pour la huitième édition, l’architecte et historienne de l’art Alina Payne invite à une réflexion sur le rôle de la matière, des instruments et des gestes dans le travail artistique et sur le dialogue entre les arts, à travers l’étude de quelques œuvres majeures de l’architecture de la Renaissance italienne.

Comme l’illustrent L’École d’Athènes de Raphaël ou L’Apothéose d’Homère d’Ingres, la Renaissance marque l’avènement de l’artiste, qui revendique désormais un statut intellectuel et social comparable à celui des philosophes-poètes. Mais le travail manuel reste au cœur de son activité : matériaux et pratiques artistiques sont engagés dans l’œuvre au même titre que la vision poétique. L’idée artistique elle-même ne naîtrait-elle donc pas aussi du maniement physique des outils et des matériaux ? Et l’architecture, semblant confinée dans une pensée isolée de la fabrication matérielle, pourrait-elle s’intégrer dans cette perspective progressivement admise pour les autres arts ?
Cette question invite à une réflexion sur le rôle de la matière, des instruments et des gestes dans le travail artistique, mais aussi sur le dialogue qu’entretiennent les arts entre eux, favorisé par l’utilisation de matériaux communs.

Alina Payne/Biographie

Professeur d’histoire de l’art et de l’architecture à l’université d’Harvard, Alina Payne est actuellement directeur de la Villa I Tatti – The Harvard Center for Italian Renaissance Studies. Sa première formation d’architecte (BArch, McGill University) l’a conduite à envisager une approche de l’histoire de l’architecture du point de vue de sa matérialité et du travail artistique. Elle a été professeur invité dans différentes institutions : Harvard University/Villa I Tatti (Florence), Kunsthistorisches/Max Planck Institute (Florence), École Pratique des Hautes Études (Paris), Hertziana/Max Planck Institute (Rome), université de Palerme et université de Rome « Tor Vergata ». Elle est membre du comité de rédaction de plusieurs revues internationales. Elle a été récompensée en 2006 par le prix de la recherche en sciences humaines Max Planck et Alexander von Humboldt.

Lundi 19 septembre
L’architecture vivante

Le rôle de la figure humaine comme domaine partagé par tous les arts sera au cœur de la première conférence, où l’architecture sera envisagée dans ses liens profonds avec le corps. Ce sera aussi l’occasion d’examiner comment, à la Renaissance, on définit à la fois les territoires artistiques et leurs frontières (telles qu’elles sont invoquées dans les débats du paragone au XVIe siècle), à une époque où le travail de l’artiste devient un lieu de réflexion sur l’art en tant que catégorie autonome et où la nature du travail artistique se définit avec une certaine urgence.

Jeudi 22 septembre
La pierre : la dimension glyptique de l’architecture

La deuxième conférence s’intéresse à la pratique des architectes/sculpteurs qui ont créé de leurs propres mains de la Kleinarchitektur (la « petite architecture » : chapelles, ciboires, autels, tabernacles, chaires, etc.). Ces objets architecturaux de petites dimensions se révèlent être de vrais terrains d’expérimentation, préparatoires à la création d’œuvres monumentales, mais également des points d’intersection avec la sculpture. La nature du transfert qui s’opère entre les deux arts, ainsi qu’entre la petite échelle et le monumental, entre matériaux et instruments, sera donc au centre des questions proposées.

Jeudi 29 septembre
Le dessin, le relief et la main de l’architecte

Le dessin, bien que point reconnu d’intersection entre les arts, reste un intermédiaire complexe. « Plat » par rapport aux arts tridimensionnels comme l’architecture et la sculpture, il pose la question de son rôle de médiation et d’invitation à penser en termes de relief sculpté. Nous verrons aussi comment il stimule le dialogue entre les trois arts plastiques (y compris la peinture) justement grâce au relief, qui s’avère être la forme de représentation qui transcende les divisions artistiques.

Lundi 3 octobre
L’architecture en textile

Si le dessin est un lieu d’échange non neutre, les arts mineurs – les textiles et les surfaces taillées – entretiennent aussi un dialogue avec l’architecture. Aussi, nous nous arrêterons sur l’étude d’un cas particulier, la façade en sgraffito. Ce type de traitement non tectonique de la façade d’un bâtiment répond à toute une série de processus artistiques et de stratégies décoratives issus des arts mineurs, y compris des arts textiles, de la poterie et de la métallurgie. Il témoigne aussi d’influences transnationales et des dialogues possibles, facilités par leurs portabilité et mobilité.

Séance suivie de la signature du livre L’Architecture parmi les arts par Alina Payne.

Jeudi 6 octobre
L’architecture et la couleur

Pour conclure, nous aborderons la question de la couleur dans l’architecture. Les pierres colorées ont permis à l’architecture d’entrer dans le monde de la polychromie et de créer une peinture urbaine. Pourtant, à la Renaissance, se manifeste le goût pour une architecture blanche et monochrome, parallèlement à l’attrait pour une sculpture également dénuée de couleur. Est-ce cet esthétisme qui influencera la ville idéale à la Renaissance, qui reste un mirage, d’ailleurs, davantage qu’une réalité ? Induirait-il ainsi le penchant pour la monochromie qui influencera l’architecture jusqu’au modernisme ?

 

Lundi 19 septembre à 19 h
L’architecture vivante


Jeudi 22 septembre à 19 h
La pierre : la dimension glyptique de l’architecture


Jeudi 29 septembre à 19 h
Le dessin, le relief et la main de l’architecte


Lundi 3 octobre à 19 h
L’architecture en textile


Jeudi 6 octobre à 19 h
L’architecture et la couleur