2 - 16 octobre 2017

La Chaire du Louvre

Pour une histoire du regard.
​L'expérience du musée au XIXe siècle

Pascal Griener

 

La Chaire du Louvre

Pour une histoire du regard.
​L'expérience du musée au XIXe siècle

Le Louvre propose un rendez-vous annuel dédié à la recherche en archéologie et en histoire de l’art. Sur un sujet original lié aux collections du musée, un scientifique de renom présente à l’auditorium une réflexion inédite, qui donne lieu à des rapprochements transdisciplinaires entre les œuvres. À la fois exposés savants, causeries ouvertes au grand public et rencontres avec des personnalités exceptionnelles, ces cycles de conférences font l’objet d’une publication qui permet d’approfondir et de conserver leurs apports.

Pour la neuvième édition, l’historien de l’art Pascal Griener invite à une réflexion sur l’expérience du musée au XIXe siècle.

A l’ère digitale, notre saisie du monde est profondément transformée, y compris notre expérience du musée. Pour comprendre cette révolution en marche, il est utile de jeter un regard sur une révolution antérieure d’une force égale : le triomphe de l’industrie en Europe au XIXe siècle.

Le cycle porte une attention particulière sur les deux puissances de l’époque : l’Angleterre et la France. Dans ces deux pays, les grands musées doivent s’adapter aux nouvelles attentes du public et aux ambitions des États, alors que le principe économique domine tout.

Un paradoxe habite cette histoire, dont l’actualité est brûlante : au XIXe siècle, la modernisation des villes, l’exploitation nouvelle du monde ont entraîné la destruction massive du patrimoine légué par les siècles antérieurs. Et pourtant, aucun siècle n’aura été autant passionné par la conservation du passé, surtout au musée.

Pascal Griener / Biographie

Professeur d’histoire de l’art et de muséologie à l’université de Neuchâtel, Suisse. Ancien élève diplômé de l’École des hautes études en sciences sociales sousla direction de Louis Marin, il soutient sa thèse de doctorat à l’université d’Oxford sous la supervision du grand historien des collections Francis Haskell. Il mène ses recherches sur l’histoire de la culture, et particulièrement sur l’histoire du regard. Il a été professeur invité dans plusieurs universités dont l’université d’Oxford (Visiting Scholar 1996), l’École des hautes études en sciences sociales (2000), l’École normale supérieure (2006), l’université de Leyde (Lipsius Visiting Professor 2014). Il est membre de l’Academia Europaea depuis 2014.

Lundi 2 octobre à 19h
Entre le fog et les vitrines. Les musées à Londres (1879)

Jacob Burckhardt (1818-1897) est le plus grand historien de la culture du XIXe siècle. En 1879, il visite Londres et ses musées. Sa correspondance décrit, avec une exactitude saisissante, la métropole industrielle et la transformation radicale des musées qui y sont créés. Il tente de répondre à la question : qu’est devenue l’expérience du musée à l’ère industrielle ?

À l’issue de la conférence, Michel Vuillermoz, sociétaire à la Comédie-Française, prêtera sa voix à des voyageurs d’exception, tels l’écrivain Nathaniel Hawthorne et l’historien de l’art Jacob Burckhardt, qui nous ont livré des descriptions pleines d’esprit de leurs visites au musée.

Jeudi 5 octobre à 19h
Musées et spectacles populaires

À Paris comme à Londres, des spectacles populaires connaissent un tel succès qu’ils attirent toutes les classes sociales. Leur impact est majeur sur le monde des musées. L’étude de ces spectacles montre comment ils deviennent rapidement un enjeu majeur pour les deux pays. À Londres comme à Paris, les responsables des grands musées doivent s’en inspirer.

Lundi 9 octobre à 19h
La métropole industrielle, centre du monde

Les expositions universelles, depuis celle de Londres en 1851, imposent une nouvelle manière de montrer. Elles affectent bientôt jusqu’à la définition de l’objet à exposer. Les musées mettent en scène la succession des civilisations ; ils posent Paris et Londres comme les nouveaux centres du monde. Un vaste patrimoine mondial est transporté dans les deux capitales pour servir cet argument.

Jeudi 12 octobre à 19h
Rendre visible l’oeuvre d’art : restaurer, photographier

La technique change la visibilité des œuvres d’art. De vastes campagnes de restaurations affectent le regard sur la peinture, générant de graves polémiques. Le siècle se passionne pour la copie – fac-similés d’objets d’art anciens, plâtres, bronzes industriels qui réduisent des statues célèbres à toutes les tailles. La photographie de reproduction devient un instrument incontournable dans l’appréciation de l’art. Elle affectera jusqu’à la contemplation des objets transformés en images.

Présentation sur scène d’éditions originales et de photographies anciennes.

Lundi 16 octobre à 19h
Instruire le grand public : le manuel d’art

Le manuel d’histoire de l’art illustré et bon marché naît durant la période considérée. Deux formes de livres radicalement différentes se développent en France et en Angleterre. Un savoir portable, prêt à être investi au musée, se constitue alors, qui change la relation du visiteur au musée et à l’œuvre d’art.

Présentation sur scène d’éditions originales et de photographies anciennes.

Ce cycle de conférences et sa publication bénéficient du soutien de Monsieur Henri Schiller, mécène fondateur de la Chaire du Louvre.

 

PUBLICATION
Pour une histoire du regard. L'expérience du musée au XIXe siècle

par Pascal Griener, Coédition Hazan / musée du Louvre, 25€