18 - 21 octobre 2018

La FIAC au Louvre

« Hors les murs » au jardin des Tuileries et au musée Eugène-Delacroix

 

La FIAC au Louvre
« Hors les murs » au jardin des Tuileries et au musée Eugène-Delacroix

Pour la treizième année consécutive le Louvre est heureux d’être l’un des partenaires privilégiés de la FIAC. Le domaine national du Louvre et des Tuileries, dans le cadre du « hors les murs » présente à ses millions de promeneurs un parcours d’œuvres à grande échelle, environ une vingtaine de sculptures et d’installations qui dialoguent avec le cadre prestigieux du jardin, des fontaines et des statues classiques et modernes.
Le musée national Eugène-Delacroix participe pour la quatrième année au « hors les murs » en donnant une carte blanche à l’artiste anglaise Rebecca Warren qui fait résonner son travail au cœur de l’atelier et du jardin du peintre.
A l’occasion de la 45e édition de la FIAC au Grand Palais, le Louvre et la Rmn – GP mettent en valeur le travail de Cécile Reims dont le talent de graveur s’est aussi bien exprimé à travers ses propres créations qu’à travers l’interprétation d’artistes anciens et contemporains.
 
Domaine national du Louvre et des Tuileries
Juliaan Andeweg, Gilles Barbier, Alexander Calder, Isabelle Cornaro, Robert Indiana, Alicja Kwade, François-Xavier Lalanne, Richard Long, Mia Marfurt, Olivier Mosset, Kohei Nawa, Paulo Nazareth, Christodoulos Panayiotou, Tere Recarens, Pablo Reinoso, Thomas Schütte, Vladimir Skoda, Michele Spanghero, Keiji Uematsu, Henk Visch, Zhan Wang, Franz West.

 
Henk Visch
Du livre du matin, 2018
Dans la conscience d’Henk Visch, il y a à la fois joie et souffrance. L’artiste aime mettre en scène, d’une manière familière et secrète, quelques «vérités» sur notre sexualité, nos désirs et nos terreurs, nos tribulations dans l’espace avec le corps comme véhicule : les corps réels, les corps inventés, ceux des règnes connus et utopiques. Il est un sculpteur qui, plutôt que d’illustrer des idées, crée d’abord une forme puis leurs interconnexions afin de donner une nouvelle vie bouleversante sur les territoires qu’elles habitent, que ce soit des galeries, halls d’exposition ou parcs. Dans son travail, les sculptures ne sont jamais des figures de la réalité.
 

Juliaan Andeweg
Charlotte playing Idris as Lebron James, 2016-2018
Julian Andeweg associe souvent des matériaux et des images issus de contextes différents, du monde de l’art mais aussi d’ailleurs. Évoquant des thèmes aussi variés que la pop culture américaine, les films d’horreur, les groupes de laissés-pour-compte, les romans de chevalerie et l’Antiquité tardive, son travail dépasse les frontières entre la « haute » et la « basse » culture.
L’artiste crée ici une œuvre hybride constituée d’une paire de chaussures de sport LeBron XI Elite Ice Blue/Gold envahies de cristaux artificiels. Ces derniers nous évoquent les « Magic Bootles », ces bouteilles de sodas américains remplis d’un liquide sucré très coloré, accessoire fétiche des rappeurs « trap », genre très populaire de rap du sud des Etats-Unis. La basket iconique Nike LeBron James qui sert d’enveloppe corporelle à cette « Magic Bottle » est, ici, accrochée à un arbre et rappelle également un des rites les plus mystérieux des quartiers populaires américains : le « shoe tossing ». Ce phénomène s’illustre par le fait de suspendre les chaussures sur les fils électriques des grandes villes comme un repère pour la vente de stupéfiants ou définissant les territoires des gangs.
 
Gilles Barbier
L’œuvre boîte, 2018
Gilles Barbier est né et a grandi au Vanuatu, archipel situé au Nord-Est de la Nouvelle Calédonie. Il apparaît aujourd’hui que ces « quelques grains de sable jetés sur l’océan Pacifique » ont été pour l’artiste un incubateur dans lequel ont germé très tôt un certain nombre de ses obsessions futures. L’artiste emprunte aux récits cosmogoniques qui fondent les anciennes croyances mélanésiennes ou polynésiennes, comme ceux compilés par Teuira Henry dans ses Mythes tahitiens. Apparait alors l’idée d’un univers fini, bordé de toutes parts par l’horizon.
L’aileron de requin est un élément récurrent chez l’artiste : c’est à la fois ce qui est caché en partie, ce qui glisse entre deux eaux, ce qui chasse. C’est un élément graphique, cartoonesque, immédiatement reconnaissable et associé au Pacifique, une signature et une marque de fabrique. Or, l’humour est également un autre trait distinctif du travail de Gilles Barbier. Transformer l’objet du quotidien qu’est l’ouvre-boite en requin prêt à chasser l’amateur d’Art sur les pelouses des Tuileries, telle est le souhait de l’artiste.
 
Alexander Calder
Janey Waney, 1969
Calder intitule son œuvre Janey Waney en hommage à Jane Holzer, top model américain des sixties et aujourd’hui collectionneuse d’art contemporain. Jane Holzer avait vu une maquette de la pièce dans le studio de l’artiste et lui avait suggéré d’en faire une version à grande échelle. Cette œuvre est en fait une combinaison des célèbres Stabiles et Mobiles d’Alexander Calder. Les pieds de l’œuvre, à la fois esthétiques et fonctionnels, sont un stabile en soi, soit une œuvre tridimensionnelle composée de tiges maintenant en équilibre et déséquilibre des formes géométriques. A la fois imposante et légère, cette œuvre, surplombée d’un mobile en rotation sur 360°, fait partie des premiers Stabiles rouges, conçus par l’artiste dans les années 70.
Cette œuvre sera présentée à titre exceptionnel jusqu’à la fin de la FIAC 2019.
 
Isabelle Cornaro
God Box (Columns), 2014
God Box est une série de trois colonnes contenant des assemblages de divers objets. Bien qu’ils incorporent des objets modernes, les blocs monolithiques moulés de Cornaro évoquent les cabinets de curiosité du XVIe siècle. Le titre de cette œuvre est lié à une série spécifique de “Concept Tableaux” intitulée The God Box n°1, The God Box  n°2, et The God Box n°3, réalisés en 1963 par l’artiste californien Edward Kienholz. En un sens, les sculptures de Cornaro sont une adaptation libre des œuvres de Kienholz, qui font référence à une boîte contenant des éléments qui « stimulent la pensée sur les religions organisées et leur impact sur les peuples ». Pour créer The God Box (Column), Isabelle Cornaro a longuement étudié les formes historiques produites durant les périodes de la Renaissance et du Maniérisme et, tout particulièrement, la composition de nombreux bas-reliefs. Ainsi, cette œuvre est largement inspirée des bas-reliefs très rationnellement organisés mais aussi d’autres plus anti-classiques à l’instar des portes du Baptistère de Florence par Ghiberti.
 
Robert Indiana
ART (Blue Red), 1972-2001
Paul Kasmin Gallery propose une œuvre de Robert Indiana pour l’édition 2018 de la FIAC Hors les Murs, en hommage à l’artiste dont la mort en mai 2018 a marqué la fin d’une carrière de sept décennies. Cette œuvre monumentale d’Indiana, ART, a été créée en 1972 à partir de l’affiche qu’il a conçue pour l’exposition « American Art Since 1960 » au Princeton University Art Museum en 1970. Cette œuvre incorpore les éléments stylistiques les plus connus de l’artiste, à l’instar du minimalisme pop aujourd’hui enraciné dans la conscience esthétique globale de nos sociétés. À la fois pictogramme et poème existentiel, l’œuvre abolit de façon ludique le signifiant et le signifié, nous amenant à revisiter le sens de l’art. Ces lettres s’inscrivent dans la lignée d’un style artistique américain, à la fois immédiat et poétique, construit sur des questions d’identité nationale; dans la lignée des œuvres modernistes de Charles Demuth, Marsden Hartley ou encore Edward Hopper.
 
Alicja Kwade
Revolution (Gravitas), 2018
Cette œuvre, entre finesse et dureté, s’intéresse à la gravité comme force physique, rendant possible la vie sur Terre et maintenant les éléments sur et autour d’elle. Revolution (Gravitas) évoque la chute, le retour au point d’origine. Les éléments forment un ensemble de deux corps, comme le Soleil et la Terre, ou la Lune et la Terre : nous nous trouvons sur une trajectoire, suivant un tronçon inéluctable, impossible à quitter. Ainsi, choses et personnes sont interdépendantes, formant des forces attractives et répulsives sur cette trajectoire. Le mouvement circulaire est une forme récurrente du travail d’Alicja Kwade. La position des pierres fait référence aux astéroïdes qui gravitent autour de la Terre, impliquant ainsi une potentielle collision.
 
Richard Long
Blue Sky Circle, 2002
La pratique de Richard Long s’exprime au travers de matériaux naturels trouvés sur les lieux de ses marches comme l’eau, la boue, la pierre ou le bois. Placés méthodiquement sur le sol ou projetés sur une surface, ils évoquent les «matières premières de ce monde, ce qui n’est pas fabriqué». Ces médiums sont ainsi mis en scène via des formes simples et symboliques comme la ligne, la croix, le cercle ou la spirale. Ce cercle, réalisé à l’aide d’une corde attachée à un pieu, représente le temps infini, l’univers et la perfection.
Le titre de l’oeuvre fait référence à la couleur vive du ciel le jour de son installation. « J’aime que chaque pierre soit différente l’une de l’autre » dit l’artiste, « de la même façon que les empreintes digitales ou les flocons de neige (ou les lieux) sont uniques, et donc qu’il n’existe pas deux cercles identiques ».
 
François-Xavier Lalanne

Le Très grand ours, 1994-2015
A l’occasion du 10e anniversaire de la mort de François-Xavier Lalanne, la Galerie Mitterrand souhaitait rendre hommage à l’artiste en exposant la sculpture monumentale Le Très grand ours dans le Jardin des Tuileries. Le travail de cet artiste recouvre un bestiaire espiègle, inscrivant les formes de ses sculptures dans une lignée d’artistes du XXe siècle de Pompon à Brancusi qui fut notamment son voisin d’atelier à Montparnasse. Le Très grand ours est une sculpture représentative du style de François-Xavier Lalanne, porté par son esprit de synthèse alliant l’épure à la rigueur des formes.
 
Mia Marfurt
Acqua Felice, 2018
Les lignes deviennent formes dans l’installation Acqua Felice de     Mia Marfurt, donnant à voir plusieurs tubes d’eau colorée. Le plastique, issu de la production industrielle alimentaire, permet à l’eau de se matérialiser en formes tubulaires. Plutôt que de la remplir avec un fourrage comestible, l’artiste utilise un liquide coloré au moyen de quelques gouttes d’encre de cartouches d’impression Epson Ultrachrome : cyan, magenta, jaune et noir. Ces trois lignes de 20cm de diamètre parcourent le jardin en évoquant un dessin agrandi de façon exponentielle. Ainsi, ces formes restructurent la planéité en systèmes modulaires 3D, importée dans l’architecture organique du Jardin des Tuileries.
 
Pablo Reinoso
Le Cercle, 2018
Sculpteur et designer argentin, Pablo Reinoso conçoit ses œuvres dans le respect de la nature, de l’environnement de l’installation et des matériaux. Pour le bassin octogonal du Jardin des Tuileries, l’artiste révèle une installation s’inscrivant dans le tracé spectaculaire qui relie le Louvre à l’Arc de Triomphe. Prolongeant cet alignement d’exception, huit sculptures émergent de l’eau, rayonnent en formant un cercle. Disposées au centre du bassin, les assises sont impraticables puisqu’inaccessibles. En plaçant ses œuvres comme autant d’espaces signifiés et rendus impossibles, l’artiste installe une narration poétique autour du bassin.
 
Olivier Mosset
Untitled (3 bikes), 2018
Le peintre suisse Olivier Mosset est un « biker » depuis toujours. Son indépendance, il la vit sur la route, en mouvement, débarrassé des choses matérielles. Toutes ces années, la moto lui a permis de s’échapper du monde de l’art tout en s’affranchissant de certains codes de la société.
Olivier Mosset est parvenu à cloisonner les deux mondes pendant près de 40 ans, jusqu’à 2005 environ où les deux pratiques de l’artiste sont devenues plus poreuses. Il a invité le « biker » Indian Larry, une légende dans le monde des Harley, à présenter sa moto dans une de ses expositions. Peu à peu, Mosset a exposé ses propres 2 roues, certains customisés par lui-même, d’autres fabriqués en atelier. Il les échange, les collectionne, roule avec, les vend. Au-delà de la dimension sculpturale mise en valeur par l’artiste, l’important est que ces motos, quasiment exclusivement des Harley Davidson vintages, puissent toujours rouler.
 
Kohei Nawa
Ether #34 / Ether #35, 2018
Le parc est un élément central de la vie quotidienne, un lieu de socialisation. Ether symbolise la relation entre les organismes et leur environnement, ainsi que la possibilité de défier la gravité grâce à l’énergie. À travers une exploration des manifestations physiques de la gravité, cette œuvre propose une visualisation tridimensionnelle de liquides visqueux capturés à l’état solide dans leur chute. Ces formes itératives, reflétées verticalement et étendues vers le haut, apparaissent comme des colonnes infinies, évoquant principalement la force de la gravité.
L’artiste remarque que « l’interaction entre les forces de la gravité et de l’énergie est applicable à la vie sur Terre. Les plantes, par exemple, étendent leurs racines dans le sol tout en poussant vers le ciel. La faune et la flore résistent à la gravité quand elles sont animées par l’énergie de la vie. Néanmoins, au fur et à mesure que cette énergie diminue, les organismes cessent de résister et ils retournent à la terre ».
 
Paulo Nazareth
Moinho de Vento / Windmill, 2018
L’oeuvre performative « Windmill » (moulin à vent) invite 13 immigrés d’Amérique latine, d’Afrique et du Moyen-Orient à marcher dans les rues de Paris. Tout au long de leur parcours, En cheminant, ils actionnent des moulins à café manuels pour faire du café moulu. Le mouvement de leurs bras est une métaphore des mécanismes du monde et une référence directe au travail immigré qui a contribué historiquement à la construction de notre société. En tombant au sol, le café moulu laisse une piste. Le vent éparpille le café en poudre et son arôme dans le paysage urbain. L’odeur du café suscite une mémoire affective qui ne peut pas supplanter la mémoire historique de ces 13 personnes. Avec un seul grain de café – denrée échangée commercialement pendant des siècles par les colonisateurs sur la base de l’esclavage – Paulo Nazareth explore le monde des affects et des expériences de l’histoire de l’immigration. Par le geste, l’artiste évoque la mémoire de l’esclavage, tout en critiquant l’esclavage moderne imposé par le système capitaliste aux pays du tiers monde.
 
Christodoulos Panayiotou
Untitled, 2018
Le monde entre en scène : Christodoulos Panayiotou le met en actes comme un théâtre où se jouent, s’édifient, s’éclairent les mythes qui nous unissent, les narrations implicites, les relations affectives et économiques. Un sol de marbre, des tables, des consoles laissent apparaître ce qui, habituellement, est effacé : les indications écrites par les carriers concernant le poids, la provenance, la qualité et la destination. Ces inscriptions sont les signes de la transformation du matériau brut en matière noble. Elles rendent possible la sculpture, la construction, le décor mais elles sont toujours gommées. Le matériau se trouve vierge de tous les actes dont il est pourtant la résultante. Aussi la matière finale se trouve-t-elle idéalisée et fétichisée. Christodoulos Panayiotou démystifie son aura de puissance en plaçant à l’avant-plan les étapes du travail humain qui ont rendu possible son usage.
 
Tere Recarens
Faire l’aventure, 2009-2018
Faire l’aventure est une installation sentimentale, politique et sociale réalisée avec les trois voiles d’un bateau, fabriquées par l’artiste avec des tissus créés au Mali. L’histoire de cette œuvre commence en 2008, quand Tere Recarens découvre que son prénom, « Tere », a une signification en bamanan, la langue officielle du Mali. Au cours d’un séjour à Bamako, pour enquêter sur le sens de ce mot, elle est fascinée par les motifs des tissus maliens et leur utilisation comme porteurs de messages politiques et sociaux. En collaboration avec des tisseurs, l’artiste réalise un tissu dédié au « tere », cette aura mystérieuse qu’un être acquiert à la naissance, bonne (tere numan) ou néfaste (tere jugu). Découpé en morceaux et offert aux habitants de Bamako pour en faire des vêtements, il est ensuite échangé contre des tissus usagés leur appartenant. Tere Recarens assemble alors ces tissus avec ceux qu’elle a créés et fabrique trois voiles pour un vieux bateau qui navigue en Méditerranée, depuis la Catalogne, d’où elle est originaire. Suspendues entre deux arbres du Jardin des Tuileries par une simple corde, les voiles se mettent en mouvement au gré du vent et rappellent leur voyage maritime initial. Faire l’aventure constitue l’aboutissement d’un voyage utopique pour ces tissus dont la forme se réinvente, de vêtements à voiles, et célèbre le déplacement et l’échange comme manière d’être au monde.
 
Michele Spanghero
Dià, 2016
La sculpture Dià combine silence et son. Elle a la forme d’un double nombre d’or à travers lequel les spectateurs peuvent écouter ou observer le paysage environnant. Ce dispositif invite le public a interagir avec les deux cavités comme un mégaphone ou un judas, et ainsi entamer un dialogue intime a travers la sculpture elle-même. L’œuvre a été conçue comme un projet pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, commandée par le Walking Art Project en 2016. Elle a ensuite été installée sur un morceau de no man’s land au sommet du mont Pal Piccolo (1780 m) à la frontière entre l’Italie et l’Autriche, reliant symboliquement, à la fois visuellement et acoustiquement, les tranchées des premières lignes de la Première Guerre mondiale.
 
Thomas Schütte
Mann im Wind, Nr.2, 2018
Modèles architecturaux, céramiques, sculptures monumentales, gravures, dessins, aquarelles… La diversité des matériaux et des formes de l’œuvre de Thomas Schütte fait preuve d’une radicalité et d’une force d’innovation qui transgressent les pistes habituelles d’une possible filiation historique. « Mes œuvres ont pour but d’introduire un point d’interrogation distordu dans le monde » affirme l’artiste. Le lien entre ces différents travaux est une réflexion centrée sur la condition humaine, les relations de pouvoir et d’assujettissement entre individus, le rôle de l’art et la pratique artistique aujourd’hui. Mann im Wind fait référence à l’un des sujets clés de son travail,  Mann in Matsch (Homme englué dans la boue), premier personnage figuratif apparu dans l’œuvre de Thomas Schütte en 1982. Mann im Wind est une nouvelle représentation intemporelle et allégorique de l’homme figé dans l’ambivalence de sa condition.
 
Vladimir Skoda
Sphère de ciel – ciel de sphères, 2004-2018
L’œuvre en forme sphérique spécifiquement adaptée à l’endroit de la présentation est réalisée en tôles perforées d’acier inoxydable d’un diamètre de 1,80 m. La sphère propose deux aspects différents : l’aspect diurne et l’aspect nocturne. Les conditions lumineuses de jour laissent ressentir la matérialité et les formes, la surface parsemée d’ouvertures circulaires donne à la fois légèreté et densité visuelle. Dans la nuit, la sphère a une présence singulière : points lumineux qui configurent l’espace, source de rayonnement qui crée une géométrie dentelée. Elles irradient l’environnement en ayant un art de s’approprier le vide qui l’enveloppe et l’espace qui la traverse. La sculpture Sphère de ciel – ciel de sphères présente le résultat d’une longue expérimentation avec une série de petites sculptures consacrées au sujet d’approche et de perception de l’Univers et de l’Espace. Vladimir Skoda crée ses premières sculptures à surface poli-miroir en 1991. Il est passé de la matité du noir absorbant la lumière au satiné et au brillant qui réfléchissent et nous renvoient l’espace extérieur transformé. Ensuite, sa production artistique a évolué : ses sphères se sont évidées et ajourées, devenues aérées et dentelées, traversées et irriguées par la lumière naturelle et artificielle.
 
Keiji Uematsu
Floating Vertical, 1993
Les sculptures, dessins et travaux photographiques de Keiji Uematsu rendent visibles les relations invisibles entre les objets et les espaces qu’ils habitent. L’idée de « Dé-familiariser » l’espace et concentrer notre attention sur les forces naturelles de gravité, la tension et l’attraction substantielle sont à la base de sa pratique. L’œuvre Floating Vertical est modulaire. Elle crée un équilibre entre des éléments naturels et des formes géométriques et attire l’attention sur les forces de gravité et de tension qui les relient. Sa réflexion porte sur les différentes lois physiques qui régissent notre univers – notamment la loi de la gravitation – leurs interactions, leur point d’équilibre et leurs relations à l’environnement.
 
Zhan Wang
Jiashanshi No. 106, 2006
Mesurant 4,42 m de hauteur, cette sculpture en acier inoxydable est multiplicative, imitant la nature organique des pierres qui lui donne sa forme tandis que sa surface hyper-réfléchissante suggère l’élégance des matériaux de construction contemporains. L’acier, qui ne rouille jamais, « reflète les couleurs de son environnement » selon Zhan Wang, « de sorte qu’il n’a essentiellement aucune couleur propre, changeant selon les altérations de son environnement ». Jianshanshi No.106 reflétera la composition du Jardin des Tuileries, ainsi que les visiteurs eux-mêmes, donnant à l’œuvre une présence constamment en changement. L’artiste rappelle également une pratique historique chinoise consistant à frotter des dalles de pierre ou des stèles, comme symbole de préservation de la mémoire des artistes et des moines au travers des époques.
 
Franz West
Dorit, 2002
Coïncidant avec la grande rétrospective Franz West au Centre Pompidou, Venus Over Manhattan présente Dorit, l’une des pièces les plus emblématiques et les plus imposantes de l’artiste, au      Jardin des Tuileries. Pour cette présentation inaugurale en Europe, cette colossale sculpture rose se dressera à six mètres de hauteur sur le Fer à Cheval ; élément prestigieux de l’architecture du jardin, situé précisément dans l’axe de l’Obélisque de la Concorde.
Franz West magnifie ici les formes simples, créant des fantasmes improbables pour un paysage en plein air. Ludique et monumentale, Dorit engage directement le visiteur. Ces formes biomorphiques de couleur bonbon invitent presque à toucher ou même à s’asseoir sur l’œuvre, témoignant de l’intention de l’artiste de redéfinir les possibilités de la sculpture comme une expérience sociale et environnementale. « J’aime l’art dans la rue » a déclaré Franz West    « nous n’avons pas besoin d’aller le voir, mais il est simplement là ».
 
Au musée national Eugène-Delacroix
Dans la continuité du parcours des Tuileries, le musée national Eugène-Delacroix ouvre ses portes au public de la FIAC, en collaboration avec le musée du Louvre. Conçu par le peintre lui-même, au cœur de Saint-Germain-des-Prés, l’atelier fut transformé en musée à l’initiative de Maurice Denis et des grands peintres des années 1920. Pour le programme Hors les Murs de la FIAC, Rebecca Warren présentera la sculpture Rainer dans le jardin du Musée national Eugène-Delacroix, ainsi que Mélancholie dans le musée.

Rebecca Warren
Rainer, 2017 / Mélancholie, 2011
Posée directement au sol, la sculpture en bronze Rainer mesure trois mètres de haut. Peinte à la main par touches délicates dans des tons principalement pâles, la sculpture présente par endroit des effets de glacis et des zones plus sombres et larges de manière à évoquer la chair, le vêtement, les traits du visage, ou encore, à l’autre extrémité du spectre, un simple miroitement de surface. Au sommet de Rainer, un grand nœud rose surplombe une partie bleu-noir clairement délimitée évoquant un cache-œil ou une pupille fortement dilatée.
« Les œuvres de Rebecca Warren réalisées en acier évoquent la tradition de la sculpture abstraite, bien qu’une figuration stylisée surgisse par moment. (…) Mélancholie peut être considérée comme un objet usuel, un carton sur lequel une assiette aurait été posée négligemment, légèrement de travers – et surmonté une fois encore par un pompon. »

Au Grand Palais
Les ateliers d’art moulage et chalcographie de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais
Stand A035
En 2003, Cécile Reims donne 108 plaques gravées à la Chalcographie du Louvre. Certaines sont des interprétations d’après Andrea Mantegna (1431-1506), Maitre E.S. (vers 1420-vers 1468), Hans Bellmer (1902-1975) ou Fred Deux (1924-2015). D’autres sont des matrices de ses propres compositions.
« Ce que j’ai fait, si disparate que ce soit, a été fait dans une rigueur, dans une démarche continue, et peut-être que cela n’a son vrai sens qu’une fois réuni, comme un ensemble, c’est à dire comme un chemin, et non pas comme des petites pierres jetées ici ou là. C’est comme cela que l’idée de la donation m’est venue ».
Le choix des Ateliers de la Rmn-GP, en collaboration avec  le musée du Louvre, montre comment les gravures dites d’interprétation et les créations personnelles de Cécile Reims se complètent pour former une œuvre gravée remarquable et singulière.
 
Auditorium du Louvre
Le burin comme fil d’Ariane. Hommage à Cécile Reims, artiste graveur.
Dans le cadre du cycle de conférences « Découvrir … les Arts graphiques. Le geste et la matière ». Jean-Gerald Castex, conservateur au département des Arts graphiques et Matthieu Chatellier, cinéaste et réalisateur.
Vendredi 23 novembre, de 19h à 20h30. 
D’origine juive et lituanienne, émigrée en France dans les années 30, Cécile Reims, toute sa vie durant, a pratiqué la gravure de création et d’interprétation comme moyen d’expression privilégiée. Cette rencontre – enrichie d’extraits de film – souhaite lui rendre hommage.
 

Le Centre Dominique-Vivant Denon s’associe au Parcours privé  de la FIAC
Baptisé en hommage au premier directeur du Louvre et des musées nationaux (1802-1815), le Centre Dominique-Vivant Denon est un nouveau lieu d’étude et de recherche. Il est dédié aux professionnels des musées, aux chercheurs et à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du Louvre et des musées.
 
Pendant la FIAC, le Centre Dominique-Vivant Denon inaugure Cosmos 1939 : Georges Salles/Walter Benjamin, une création protéiforme de l’artiste Jean-Michel Alberola qui fait dialoguer dessins, photographies, livres à partir des écrits du conservateur Georges Salles (1889- 1966) et du philosophe Walter Benjamin (1892-1940) publiés en 1939 : « Tout œil est hanté, le nôtre aussi bien que celui des peuplades primitives. Il façonne à chaque instant le monde au schéma de son cosmos. » (W. Benjamin, 1939).
À partir du 19 octobre 2018 et jusqu’au 1er février 2019, les mercredis, jeudis et vendredis de 13h à 17 h.

Vendredi 19 octobre, 17h et 18h15. Échanges entre J.-M. Alberola, J.-Y. Lacroix, libraire-éditeur et F. Mardrus,
Au Centre Dominique-Vivant Denon
Inscriptions à centre-vivant-denon@louvre.fr