20 juillet 2017

La pendule de La Création du Monde restaurée

 

La pendule de La Création du Monde restaurée

Dépôt du musée national des châteaux de Versailles et de Trianion au musée du Louvre, la pendule de La Création du Monde compte parmi les plus grands chefs-d’oeuvre de l’horlogerie de précision au XVIIIe siècle.

Les différents mécanismes de l’horloge étaient depuis de nombreuses années hors d’état de fonctionner. La restauration qui vient de s’achever, grâce au mécénat de la Manufacture horlogère Vacheron Constantin, a permis leur remise en marche, de sorte que soient à nouveau perceptibles l’exceptionnelle complexité et la remarquable précision qui les caractérisent.

La restauration et le nettoyage de la caisse ainsi que la remise en état de marche des mécanismes qui actionnent le cadran horaire, les phases de la lune, le planétaire et le globe terrestre ont été confiés à l’Atelier Chronos (Marc Voisot et Emmanuel Aguila), spécialisé dans la restauration et la conservation des montres et horloges anciennes.

Au moment de sa réalisation, la pendule de La Création du Monde ne pouvait être comparée qu’avec la pendule astronomique que le roi avait placée en 1753 dans ses appartements intérieurs à Versailles, où elle est toujours conservée. Ces deux pendules d’exception, presque contemporaine, ont été conçues par le même artisan de génie : Claude-Siméon Passemant, ingénieur-mécanicien du Roi.

La caisse de la pendule, en bronze patiné, argenté et doré, symbolise à travers l’évocation des quatre éléments primordiaux (la terre, l’eau, l’air et le feu) les premiers moments de la Genèse qui font suite à l’irruption de la lumière.

Ses mécanismes permettent de rendre compte, dans sa partie inférieure, du mouvement de la terre, de sa rotation en fonction des heures et du pivotement de son axe en fonction des saisons, des phases de la lune et des mouvements des planètes. Le cadran supérieur indique l’heure, le jour et le mois. Le globe terrestre est une véritable mappemonde gravée sur laiton argenté. Le rayon inférieur de la gloire qui ceint le cadran des heures indique l’endroit exact où à chaque moment le soleil se trouve à son zénith.

La pendule fut présentée à Louis XV à Versailles au mois de février 1754. Elle avait été commandée par Joseph-François Dupleix, gouverneur général des comptoirs de l’Inde, dans l’intention d’en faire présent à un prince indien, Salabetzingue, nabab de Golconde. La disgrâce de Dupleix la même année empêcha ce projet d’aboutir et la pendule entra dans les collections nationales pendant la Révolution. Depuis la réouverture des salles des Objets d’art du XVIIIe siècle en juin 2014, elle est déposée par le musée national des châteaux de Versailles et de Trianon au Louvre. La pendule est exposée dans l’ancien cabinet en bibliothèque de l’hôtel de Villemaré-Dangé, avec la collection d’instruments scientifiques du département des Objets d’art.


Cette oeuvre a été restaurée grâce au mécénat de la Manufacture horlogère Vacheron Constantin