15 avril 2017

Portrait de Pompée 

 

Portrait de Pompée 

Le musée du Louvre annonce l’acquisition par la Société des Amis du Louvre, pour le département des Antiquités grecques étrusques et romaines, d’un portrait  de Pompée (106-48 avant J.-C.) exécuté vers le milieu du Ier siècle avant J.-C. Cette nouvelle acquisition permet d’enrichir le musée du Louvre d’un très rare portrait de référence au niveau mondial du grand homme, les deux autres seuls portraits connus de Pompée étant conservés l’un au musée archéologique de Venise, l’autre à la glyptothèque Ny Calrsberg de Copenhague. Cet achat a été effectué sur le marché de l’art londonien pour un montant de 1.2 millions d’euros.

Des grands hommes de la fin de la République romaine, on compte très peu de portraits attestés et identifiés et le nombre total d’exemplaires est extrêmement réduit. Sur la dizaine de visage célèbres, les grands conquérant et ennemis politiques César et Pompée nous ont laissé sans conteste les physionomies les plus puissantes et les plus expressives. 
Le Portrait de Pompée qui fait son entrée au Louvre est un des trois portraits connus de l’adversaire de César et se révèle être le plus proche des images du grand homme diffusées de son vivant. Il  a été sculpté  peu de temps après la mort de Pompée (48 avant J.-C.), probablement commandé dans l’entourage de ses fils, qui continuaient à jouer un rôle politique dans le parti opposé à Octave-Auguste.  
Le portrait conservé à Venise correspond à un type plutôt idéalisé dont on a généralement fait remonter la création au triomphe de Pompée en 71 avant J.-C. Le portrait danois, sculpté sous le règne de Claude (41-54 après J.- C.), très différent, présente un mélange de traits héroïques et de marques de la tradition aristocratique. 
Le portrait du Louvre s’inspire des portraits d’Alexandre le Grand et des rois qui règnent en Orient après la mort du conquérant grec. Le sculpteur, de tradition grecque, à l’évidence, a restitué dans un marbre d’Anatolie, donc rare et précieux, le visage de Pompée copié directement sur le modèle en bronze que Pompée avait fait réaliser de son vivant. Ce bronze disparu se reflète sur le portrait du Louvre dans le travail des cheveux, très précis, presque « acéré » et dans l’extraordinaire sensibilité plastique d’un visage qui exprime le calme, la force et l’énergie. Cette acquisition majeure offre ainsi au grand public la possibilité de découvrir le “vrai” visage de Pompée lorsque celui-ci  incarne le dernier espoir de la République. Il relance pour les historiens le débat sur la datation et la fonction des autres portraits de Pompée.