1er octobre 2020 - 4 janvier 2021

Albrecht Altdorfer

Maître de la Renaissance allemande

 

Albrecht Altdorfer
Maître de la Renaissance allemande

Artiste majeur du XVIe siècle allemand, Albrecht Altdorfer (vers 1480-1538), peintre, dessinateur et graveur actif à Ratisbonne, reste cependant moins connu que d’autres maîtres de sa génération, tels Albrecht Dürer, Lucas Cranach ou Hans Baldung Grien.
Cette exposition monographique, organisée en étroite collaboration avec l’Albertina à Vienne, ambitionne de présenter pour la première fois au public français toute la richesse et la diversité de l’oeuvre d’Altdorfer en le replaçant dans le contexte de la Renaissance allemande.
Proche des cercles humanistes, Albrecht Altdorfer est à la fois très original, doté d’une grande capacité d’invention formelle et iconographique, et parfaitement au fait de la création artistique de ses contemporains allemands et italiens.
Rassemblant plus de 200 oeuvres (peintures, dessins, gravures, sculptures et objets d’art), le parcours de l’exposition, avant tout chronologique, réserve des sections thématiques aux grandes commandes de l’empereur Maximilien ainsi qu’à l’orfèvrerie, au paysage et à l’architecture, genres dans lesquels Altdorfer fit oeuvre de pionnier.

La première section permet de caractériser le style de ses années de jeunesse (entre 1506 et 1512 environ). On ignore tout de la formation d’Altdorfer mais on sait l’importance des estampes qui lui font connaître les réalisations de ses contemporains allemands, Dürer et Cranach, avec lesquels il entend rivaliser, mais aussi celles des artistes italiens du Quattrocento qui nourrissent son inspiration, au premier plan desquels Andrea Mantegna. Les dessins en clair-obscur, véritable spécialité d’Altdorfer, montrent sa grande capacité d’expressivité, comme dans le Départ pour le sabbat.

La maturité artistique d’Altdorfer se situe entre 1512 et 1520. La notoriété de l’artiste est bien établie dès 1512, en témoigne l’inventive série de la Chute et Rédemption de l’Humanité, 40 bois gravés de 7 x 5 cm seulement, dont la fortune artistique est immédiate et considérable. Cette suite d’estampes lui sert de laboratoire d’expérimentation pour faire évoluer son style, qui devient plus dynamique, notamment dans son traitement du paysage et de la perspective. Au même moment, Altdorfer est consacré au rang des grands artistes officiels de l’empereur Maximilien Ier. Il participe aux commandes impériales, qui font l’objet d’une section à part entière, avec le livre de prières de Maximilien, les bois gravés pour l’Arc de Triomphe ou encore les miniatures et les gravures du Cortège triomphal.
Parallèlement à l’achèvement de ces prestigieuses commandes, Altdorfer travaille à de grands cycles narratifs, consacrés à la vie et à la Passion du Christ et à la légende de saint Florian, qui marquent un premier apogée dans sa carrière de peintre. Ils dénotent une puissance dramatique nouvelle que l’on retrouve au même moment dans son oeuvre dessiné et gravé.

Dans la dernière section, consacrée à la fin de sa carrière (vers 1522-1538), on voit comment Altdorfer, fort de sa renommée, reçoit des commandes de la cour de Bavière, tout en continuant à travailler pour le patriciat de Ratisbonne. Se consacrant essentiellement à la peinture, il explore de nouveaux genres (portraits, allégories, grands décors) et continue de se nourrir des nouveautés de son temps. C’est une période marquée par un enrichissement significatif de son répertoire pictural.

Au cours de ce parcours suivant la biographie d’Altdorfer, plusieurs sections thématiques viennent mettre en valeur des spécificités de son art. La première est dédiée à l’ornement et l’orfèvrerie, auxquels il consacre de nombreuses estampes (23 eaux-fortes), présentées en regard avec des coupes de la même époque. Les suivantes s’attachent au paysage et à l’architecture, genres dans lesquels Altdorfer innove en les explorant pour eux-mêmes. Il est en effet l’un des premiers à exécuter des paysages et des intérieurs d’églises sans personnages, dans une recherche parallèle à celle menée non loin de là, à Passau, par son contemporain Wolf Huber.

Commissaires de l’exposition : Hélène Grollemund, chargée de collections au département des Arts graphiques, musée du Louvre ; Séverine Lepape, directrice du musée de Cluny-musée national du Moyen Âge ; Olivia Savatier Sjöholm, conservatrice au département des Arts graphiques, musée du Louvre.

 

PUBLICATION 

Catalogue de l'exposition, sous la direction de Hélène Grollemund, Séverine Lepape et Olivia Savatier Sjöholm, en collaboration avec Christof Metzger et Julia Zaunbauer, coédition musée du Louvre éditions / Liénart éditions. 384 pages, 275 illustrations, 39 €.

 

À L’AUDITORIUM DU LOUVRE


Conférences
Jeudi 8 octobre à 12h30
Présentation de l’exposition
Par Hélène Grollemund, Séverine Lepape et Olivia Savatier Sjöholm, commissaires de l’exposition.

 

Jeudi 26 novembre à 18h30
La réception des estampes italiennes dans le monde germanique au temps d’Albrecht Altdorfer
Par Anne-Sophie Pellé, Staatliches Museum Schwerin.

 

Jeudi 3 décembre à 18h30
Autour d’Altdorfer : grandeur et décadence de l’école du Danube
Par Pierre Vaisse, université de Genève.

 

Et aussi un colloque organisé avec le Centre allemand d’histoire de l’art, le lundi 30 novembre à 10h.

 

Cinéma
Vendredi 9 octobre à 20h
Faust
D’Alexander Sokurov, d’après l’oeuvre de Goethe. Russe, 2011, 134 min, vost.

 

AU CENTRE DOMINIQUE‐VIVANT DENON


Vendredi 20 novembre, à 17h et 18h15
Exposer Altdorfer sous le IIIe Reich
Par Baptiste Roelly, doctorant en histoire de l’art, EPHE-ENSBA.

 

ÉVÉNEMENT


17 et 18 octobre ; 14 et 15 novembre 
Les week-ends du Cabinet des dessins et des estampes
11h30 : visite de l’exposition
14h à 17h : démonstration de gravure ou de techniques graphiques
Accès libre.

 

CYCLE DE VISITES


Dates à venir
Art germanique et de l’Europe du Nord