18 avril - 29 juillet 2019

Broderies de tradition byzantine en Roumanie du XVe au XVIIe siècle

Autour de l’étendard d’Étienne le Grand

 

Broderies de tradition byzantine en Roumanie du XVe au XVIIe siècle
Autour de l’étendard d’Étienne le Grand

Dans le cadre de la Saison France-Roumanie 2019 et à l’occasion du prêt emblématique par la Roumanie de la Bannière de saint Georges du prince Étienne le Grand, l’exposition se propose de mettre en valeur le caractère exceptionnel des collections roumaines de broderies religieuses de tradition byzantine et post-byzantine, fleuron du patrimoine roumain et universel.
Autour du chef-d’œuvre offert par Étienne le Grand (1457-1504) au monastère de Zographou au Mont Athos, récupéré par un détachement de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale et remis solennellement par la France à l’État roumain en 1917, une trentaine d’œuvres insignes illustreront l’extraordinaire développement de la broderie de tradition byzantine en Roumanie du milieu du XVe au milieu du XVIIe siècles.

Les textiles réunis dans l’exposition sont présentés en trois grands ensembles, correspondant essentiellement à leur fonction et usage.

Le premier ensemble évoque la « panoplie sacerdotale » des évêques, des prêtres et des diacres, héritée de Byzance : épitrachelion (étole), épigonation (tissus en forme de losange), épimanikia (manchettes), orarion (étole des diacres). A leurs côtés, le célèbre manuscrit des Œuvres de saint Denis Aréopagite offert en 1408 au trésor de Saint-Denis par l’empereur Manuel II Paléologue et un saint Nicolas de la fin du XVIe siècle attribué à Michel Damaskinos aideront le public à mieux comprendre le vêtement sacertodal orthodoxe.

Le deuxième ensemble est dévolu à la « panoplie liturgique », textiles destinés à la célébration de la liturgie : aër et petits aërs (voiles de calice et de patène), grand aër épitaphios, podea (voile d’icône), rideau d’iconostase…. Pour comprendre l’usage des épitaphioi dans l’espace liturgique sera exposé en regard un relevé des fresques de l’église de la Vierge Peribleptos de Mistra issu des archives Gabriel Millet.

Enfin, le troisième ensemble, unique au monde, rassemble de spectaculaires couvertures de tombeaux princiers, dans lesquelles le caractère hiératique des images byzantines cède bientôt le pas à la tentation du portrait. A partir de la célèbre Marie de Mangop, l’exposition esquisse les grands traits d’une typologie princière jusqu’au XVIIe siècle, avec les deux princes Mogila de Sucevița et les deux portraits de Iaşi, celui de la princesse Tudosca, épouse de Basile le Loup et celui de leur fils Ioan. La présentation de de l’effigie d’une impératrice byzantine gravée au XVIIe siècle, permet d’inscrire les chefs-d’œuvre roumains dans une longue tradition.

L’exposition se clôt par l’évocation de la figure de Gabriel Millet (1867-1953), qui sillonna la Grèce et les Balkans et rapporta de ses voyages une documentation photographique et aquarellée irremplaçables, dans laquelle les broderies roumaines tiennent une place de choix.

 

Commissaires de l’exposition
Pour la partie française : Jannic Durand, directeur, et Dorota Giovannoni, documentaliste scientifique, département des Objets d’art, musée du Louvre.
Pour la partie roumaine : Emanuela Cernea, conservatrice en chef, et Iuliana Damian, conservatrice, département d’Art roumain ancien, Musée national d’art de Roumanie.

 

 

Manifestation organisée dans le cadre de la Saison France-Roumanie 2019.


 

CATALOGUE DE L’EXPOSITION
Coédition musée du Louvre éditions / In Fine.
80 p., 70 ill., 19 €

 

 

VISITE D’ACTUALITÉ
Broderies de tradition byzantine en Roumanie du XVe au XVIIe siècle
Par Jannic Durand.
17/04 à 18 h