22 octobre 2020 - 18 janvier 2021

Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel-Ange.
Sculptures italiennes de la Renaissance 

 

Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel-Ange.
Sculptures italiennes de la Renaissance 

Grâce à plus 150 œuvres, l’exposition Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel-Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance, co-organisée avec le musée du Castello Sforzesco de Milan, dégage les principales lignes de force qui cheminent dans toute l’Italie durant la seconde moitié du Quattrocento pour aboutir, au début du XVIe siècle, à un moment d’apogée de la sculpture de la Renaissance et, en même temps, de l’art italien : ce qu’on appelle la « Manière moderne » (selon Vasari).
La représentation de la figure humaine dans la diversité de ses mouvements prend alors des formes extrêmement novatrices. Ces recherches sur l’expression et les sentiments sont au cœur des démarches des plus grands sculpteurs de la période, parmi lesquels deux des créateurs les plus célèbres de l’histoire, Donatello et Michel-Ange. Effectivement, à la fin du siècle, Michel-Ange opère une synthèse formelle qui le mène aux  Esclaves du Louvre.
La variété du parcours montre également comment la richesse créative de la Renaissance s’appuie aussi sur un ensemble d’immenses créateurs, depuis Pollaiolo et Tullio Lombardo à Riccio ou Bambaia, et  ce sur un vaste territoire, en particulier en Toscane, en Lombardie ou en Vénétie, mais aussi dans les cours d’Urbino, de Ferrare ou de Mantoue.
Le Corps et l’Âme fait suite à l’exposition Le Printemps de la Renaissance présentée en 2013 au Palais Strozzi et au Louvre et consacrée aux prémices de l’art de la Renaissance à Florence dans la première moitié du Quattrocento, qui trouva ses racines dans la sculpture de Donatello, Lorenzo Ghiberti, Luca della Robbia.

Trois parties majeures structurent l’exposition :
Dans La fureur et la grâce, les compositions complexes s’attachent à traduire la force et l’exaspération des mouvements du corps, inspirées des modèles antiques, qu’on reconnait dans les œuvres d’Antonio del Pollaiolo, Francesco di Giorgio Martini ou Bertoldo, mettant en jeu autant la force et les torsions du corps masculin que l’effet expressif des plus intenses passions de l’âme. A contrario, des drapés élégants, entourant des corps majoritairement féminins, permettent aux artistes de révéler le charme de la figure humaine, qui débouche sur la représentation ultime de la grâce à travers le nu.
 
Emouvoir et convaincre souligne une volonté affirmée de toucher violemment, dans les représentations sacrées, l’âme du spectateur. À la suite du travail de Donatello autour de 1450, l’émotion et les mouvements de l’âme prennent une place déterminante au cœur des pratiques artistiques. Un véritable théâtre des sentiments se déploie en Italie du nord entre 1450 et 1520, en particulier dans les groupes de Déposition du Christ, tels ceux de Guido Mazzoni ou de Giovanni Angelo del Maino. Cette recherche du pathos religieux s’incarne également dans les émouvantes figures de Marie-Madeleine ou de Saint Jérôme qui fleurissent en Italie à cette période.  
 
Enfin, avec De Dionysos à Apollon, la réflexion inépuisable sur l’Antiquité classique s’exprime dans les œuvres élaborées à partir des modèles classiques comme le Tireur d’épine ou le Laocoon. Parallèlement au domaine de la peinture (avec le « style doux » du Pérugin ou du jeune Raphaël), la sculpture développe la recherche d’une nouvelle harmonie qui transcende le naturalisme des gestes et des sentiments extrêmes. Particulièrement vivante dans un classicisme affirmé en Vénétie et en Lombardie, cette quête d’une beauté expressive qui aspire à l’universel s’incarne également fortement en Toscane et à Rome où la Papauté de Jules II et de Léon X joue un rôle d’irrigation et d’unification stylistique.
 
Le stile dolce aboutira au commencement du XVIe siècle  avec l’apparition du « sublime », mettant en place un nouveau classicisme sous l’impulsion de Raphaël et Michel-Ange.
Dès la fin du Quattrocento, Michel-Ange opère cette synthèse formelle qui intègre à la fois la connaissance scientifique des corps, un idéal absolu de beauté et la volonté de dépasser la nature par l’art. Cette recherche l’emmène à créer Les Esclaves du Louvre pour parvenir jusqu’à l’expression de l’ineffable dans ses dernières œuvres.
 
Repoussant alors la notion de Renaissance au-delà du territoire de la Toscane, l’exposition replace cette période dans un contexte désormais plus large et complexe qu’il ne l’était au début du Quattrocento.
Elle met l’accent autant sur la production de Florence avec des figures majeures comme Donatello et Michel-Ange que sur les autres foyers régionaux qui ont adopté mais aussi réadapté ce langage artistique nouveau. Un phénomène visible notamment dans la reprise des modèles ou des thèmes qui, refondus dans une lecture locale, deviennent à leur tour source d’un nouveau langage, propre et distinct, et ce particulièrement dans les régions du Nord de l’Italie, comme à Milan (avec Solari et Bambaïa), Venise (avec Tullio Lombardo), Bologne (avec Guido Mazzoni), mais aussi Sienne (avec Francesco di Giorgio Martini) et Padoue (avec Riccio).
 
L’exposition propose aussi d’aller à la découverte d’artistes moins  réputés, d’admirer des œuvres difficilement accessibles de par leur lieu de conservation (églises, petites communes, situation d’exposition dans les musées), afin de les remettre en lumière, mais aussi en contexte.

PUBLICATIONS
Catalogue de l’exposition
Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel-Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance, sous la direction de Marc Bormand, musée du Louvre ; Beatrice Paolozzi Strozzi, musée du Bargello, Florence et Francesca Tasso, Castello Sforzesco, Milan.
Coédition musée du Louvre éditions / Officina Libraria. Env. 500 p., 350 ill., 45.
 
Album de l’exposition
Coédition musée du Louvre éditions / Officina Libraria. 48 p., 40 ill.,  8 .
 
 

 

Informations pratiques

Musée du Louvre

Horaires : de 9h à 18h, sauf le mardi.

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Renseignements : www.louvre.fr

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