Juillet 2019

Acquisition du tableau Le Pigeonnier de Felice Boselli (1650-1732)

 

Acquisition du tableau Le Pigeonnier de Felice Boselli (1650-1732)

Le musée du Louvre annonce l’acquisition, pour le département des Peintures, d’un important tableau : Le Pigeonnier par Felice Boselli (Plaisance, 1650-Parme, 1732), figure majeure de la peinture de nature morte en Italie entre la seconde moitié du XVIIe siècle et le premier tiers du XVIIIe siècle.
 
Peint vers 1720-1730, Le Pigeonnier représente l’intérieur d’un pigeonnier, ou colombier, abritant des animaux destinés à être consommés pour leur viande, un met rare et coûteux, particulièrement apprécié depuis le Moyen Âge. Grâce à la multitude des perchoirs et des recoins, ce pigeonnier est un univers clos où sont décrits les épisodes les plus variés d’une véritable “comédie aviaire”, analogue à celle des hommes et dans laquelle se révèlent l’insouciance, la colère ou la lutte pour le pouvoir des uns, l’amour, la vie ou la mort des autres. L’œuvre est peinte dans une gamme de teintes sourdes, des bruns, des gris et des noirs, souvent appliquées dans une matière épaisse, et l’essentiel des nuances colorées vient des plumages clairs des pigeons qu’une lumière vibrante fait surgir de l’ombre.
Felice Boselli a fait l’essentiel de sa carrière à Plaisance, sa ville natale, puis à Parme à partir des années 1670. Sans doute marqué par les créations de peintres flamands présentes en Italie du nord, il possède un goût prononcé pour une vision naturaliste, voire rustique du quotidien, et traduit toujours avec brio la diversité des espèces, la qualité des animaux et des plumages, dans des tableaux parfois comparables à de véritables garde-manger ? Quelques cinq cent peintures lui ont été attribuées, dont moins d’une dizaine sont datées.
 
Un peu plus de trois cent cinquante tableaux italiens des XVIIe et XVIIIe siècles sont exposés en permanence au musée du Louvre, offrant une présentation de la peinture de l’Italie baroque qui n’a pas d’équivalent mais où le genre de la nature morte est peu représenté. Prenant de simples oiseaux, vivants pour la plupart, comme sujets d’une composition monumentale, Le Pigeonnier permettra de l’illustrer à son meilleur niveau, tout en révélant une part méconnue de l’activité des “peintres de la réalité”, attentifs aux aspects les plus ordinaires de la vie quotidienne, dans l’art européen du XVIIIe siècle.

 

À l'issue de sa prochaine restauration, ce tableau sera exposé dans les salles des Peintures italiennes des XVIIe et XVIIIe siècles (aile Denon, salle 718).